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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/128

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Enfin, il était temps que cette situation cessât ! Réfléchis… C’est bien mieux.


LOLETTE, (la voix angoissée et ne le quittant pas du regard.)

Tu as fait ça !… Pourquoi ? Il y a une raison.


BERNIER.

Laquelle ? Grands dieux !… Et pourquoi ?


LOLETTE.

Est-ce que je sais ?… Je cherche… Il y en a une… C’est pour m’humilier… à tes propres yeux, aux miens… pour me diminuer, pour m’attrister… est-ce que je sais ?

(Elle interroge, anxieusement.)

BERNIER.

Ho !… En voilà de grands mots… Quelle plaisanterie !…


LOLETTE.

Mais pour une raison obscure, une raison d’homme, dirigée contre moi, il y en a une, j’en suis sûre… Me faire cette offense !… Et pourtant tu n’es pas méchant homme. Tu as osé ! Comment as-tu pu faire ça ? (Tout à coup.) Pierre, tu ne m’aimes plus.


BERNIER.

Quoi ?… Quel rapport ! Tu prends tout de travers, te dis-je !… Voyons, quelle importance y trouves-tu ?… À part deux ou trois camarades, qui ne sont même plus de mes relations, personne ne sait que vous avez été ensemble autrefois.


LOLETTE.

Pierre, tu ne m’aimes plus !