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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/125

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cette toile, ce soir… à cause de Pierre, qui est si susceptible sur ce chapitre !… J’y avais vu une intention mauvaise…


LA PRINCESSE.

Vous vous êtes trompée du tout au tout ! Je regrette de m’être mal fait comprendre. Mais voulez-vous profiter de cette explication pour devenir de très bonnes amies, toutes deux ?… Je ne demande pas mieux, quant à moi.

(Elle prend son bijou de corsage et le lui accroche à la poitrine.)

LOLETTE.

Qu’est-ce que vous faites là, madame ?


LA PRINCESSE.

Gardez-le en souvenir de notre conversation de ce soir, et qui m’a fait si bêtement interrompre votre petite réception !


LOLETTE, (avec élan.)

Oh !… Vous permettez que je vous serre la main ! Comme c’est chic de votre part d’agir ainsi, après ce que je viens de dire !… Si je veux être votre amie, vous le demandez ?… Oh ! par exemple, je ne suis pas à la hauteur, vous savez ? Je suis bête comme chou… hurluberlu…


LA PRINCESSE.

Vous vous calomniez… Vous venez de dire deux ou trois choses fort jolies.


LOLETTE.

Vrai ?… Eh bien, c’est sans le faire exprès, alors !… Mais, allez, je tâcherai de vous prouver