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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/124

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mons tant. Il est si bon, si tendre !… Oui, je sais bien, il a l’air bourru, quelquefois, avec moi, mais c’est un genre ! Il a une si charmante tendresse pour moi !… Et puis, moi aussi, je l’agace quelquefois… On se dispute… Et puis ce n’est pas vrai, on s’adore. On est si vraiment liés !… Alors il faut m’excuser, n’est-ce pas, d’être toujours un peu inquiète… car je vois, décidément, que, dans la vie, il doit être bien difficile d’avoir l’amour sans le tourment !

(Elle a un gros soupir.)

LA PRINCESSE.

Eh bien, rassurez-vous, grand Dieu !… Vous m’êtes très sympathiques tous les deux, mais… comment dire ?… vous allez comprendre… (Avec le monocle et un sourire.) vous n’êtes pas non plus tous les deux tout à fait de mon milieu… j’allais dire de mon monde. Je vous considère, Monsieur Bernier et vous, comme des gens, ou des amis, si vous voulez, exquis, mais chez lesquels je viens un peu en rupture de ban. Vous saisissez ?… Ce qui me permet, d’ailleurs, d’être fort libre avec eux, vous le voyez en ce moment… Mais, je n’ambitionne pas d’autres relations personnelles, je vous prie de le croire… Vraiment, elle est amusante comme tout ! Il n’y a pas moyen de se fâcher.


LOLETTE.

Oh ! vous avez bien raison de me remettre à ma place. Je ne l’ai pas volé !… J’ai été stupide ! (Elle se lève.) Si Pierre savait ça, ce qu’il serait furieux !… (Un temps.) Et puis, je peux vous le dire, maintenant, je rageais que vous ayez apporté