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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/114

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sion de mépris.) Oh ! je n’aime pas tes boutons de chemise ; c’est rasta.


BERNIER.

Ah !


LA PRINCESSE.

Oh ! j’ai bien des choses encore à t’apprendre. D’ailleurs, tu fais des progrès depuis que je t’ai.


BERNIER.

Je serai docile et confiant.


LA PRINCESSE.

À la bonne heure ! Au moins tu apprécies !… Et, j’en suis très satisfaite ; maintenant, au moins, j’ai quelqu’un qui me déguste… Oh ! l’affreux mot que je viens de dire là !… je peux être rare pour quelqu’un de goût. C’est agréable d’être savourée. Malgré tout, dans le monde, le rare est toujours un peu excentrique… tu sais ?… Si tu en étais, tu verrais cette hostilité pour ce qui est esthétique… tu en souffrirais beaucoup, Boby !… Je suis parvenue à voir tous ces gens à mes pieds. On clame ma beauté, mon élégance, mais on la chine tout de même un peu par derrière !… Maintenant, au moins, quand je fais quelque chose de bien, de moi, je sais que ce ne sera pas de l’ouvrage perdu. J’ai un connaisseur. Vous êtes si amusant, mon peintre ordinaire, quand vous êtes chez moi ! Rien ne vous échappe… vous êtes comme fou… vous cherchez partout… vous ouvrez mes armoires… comme un Barbe-Bleue de tout repos…


BERNIER.

Ce n’est pas ton luxe qui me grise, ne le crois