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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/105

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GRÉVILLE.

Ah ! les vingt-cinq premières années d’une femme… elles marquent toujours ! C’est indélébile… c’est dans la peau.


LAFARGUE, (à Rossini, bas.)

Le voilà qui la lâche devant nous, par respect humain.


ROLSINI.

S’il pouvait la lâcher derrière, mais tout à fait, quel service il se rendrait !…


LAFARGUE.

Oui, mais, allez-y… je suis habitué.


BERNIER, (se rapprochant.)

Je voudrais que vous me voyiez !… Je fais tous mes efforts pour la dresser… tel un compotier qu’on ne peut mettre en équilibre. (Rires.) Elle a une douce résistance opiniâtre contre laquelle on se briserait. Entre nous, tout cela n’a pas grande importance, je sais, mais enfin !…


ROLSINI.

Bah ! qu’importe, mon ami ! Et puis, c’est vous qui l’avez légitimée !


GRÉVILLE.

Et à une époque où vous n’étiez fichtre pas légitimiste !

(La danseuse aux pieds nus s’avance de l’atelier dans le fond.)

LOLETTE, (apparaissant avec elle.)

Eh bien, vous venez, les hommes ? Je vous présente Mademoiselle Isadora Lorenz.