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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/98

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Scène IX


GRÂCE, MADAME DE PLESSANS, HORTENSE et MARIETTE DE PLESSANS


MADAME DE PLESSANS.

Malheureuse ! Malheureuse !… Regardez-la, votre sœur !… (Elle s’arrête. Elle regarde la chambre de Grâce, son œil se porte tour à tour sur la table, les habits pendus au mur, les cartons pêle-mêle.) Ah ! mon Dieu ! mon Dieu !… j’étouffe… Tu seras cause de ma fin !


GRÂCE.

Voyons… voyons, maman… ne te mets pas dans cet état, ça n’a pas de sens. Tiens, assieds-toi là. Qu’est-ce qui vous a pris de quitter Aix ? Comment êtes-vous à Paris ? (Bas à Hortense, vivement.) Voyons, Hortense, toi qui es la plus grande, tu aurais dû t’opposer à ce voyage qui ne rime à rien… Tu es une sotte d’avoir consenti à l’accompagner…


HORTENSE.

Si tu crois que c’est commode, avec maman !…


GRÂCE.

Pourquoi as-tu amené les enfants avec toi ?… Leur place n’est pas ici… Dieu ! quelle équipée !


HORTENSE, (bas, à Grâce.)

Elle n’a pas consulté papa, qui doit être furieux… Elle nous a traînées hier, comme des paquets jusqu’à la gare. Je pense qu’elle a cru que notre présence te ferait plus d’impression.