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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/88

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ment enfantin comme raisonnement pour un homme intelligent, car évidemment cela ne fait pas l’ombre d’un doute, vous devez être intelligent…


LECHÂTELIER.

Je commence à croire que non…


GRÂCE.

Si, si… seulement, vous avez l’esprit très préoccupé de vos affaires… c’est bien naturel… un homme du monde !… Mais, moi aussi, j’en suis, du monde… rappelez-vous, monsieur… et du meilleur ! Nous sommes ici entre nous…

(Silence.)

LECHÂTELIER.

Vous vous moquez de moi, mademoiselle… Vous avez mille fois raison. Que voulez-vous ! la muflerie est la ressource des gens qui ont l’habitude de ne compter que sur eux-mêmes. La gaffe en est la conséquence. Je me suis conduit comme un imbécile… Je vous demande pardon.


GRÂCE.

Mais vous n’avez pas à vous excuser, cher monsieur ; vous vous êtes mépris, voilà tout. Vous vous adressiez à une autre personne. Je ne saurais m’en formaliser. Vous ne me connaissiez pas. Tenez, je suis sûre que, déjà, maintenant que vous m’avez adressé la parole, vous n’oseriez plus employer les mêmes termes. (Lechâtelier baisse les yeux.) Alors, vous voyez bien que je n’ai pas à vous en vouloir… Non, je ne me souviens que d’une chose, c’est que je suis en présence du bienfaiteur de celui que j’aime, du mari d’une amie très chère…