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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/81

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GRÂCE.

Mais encore…


MADEMOISELLE AIMÉE.

Je vous jure que je ne sais pas.


GRÂCE.

C’est étrange… Vous ne pouvez pas définir la raison secrète qui vous retient.


MADEMOISELLE AIMÉE.

Non… Le don de soi… c’est grave… très grave !… Je veux rester sage… Une idée comme ça… que voulez-vous ?… une préférence… Je crois que je mourrai, voyez-vous, sans m’être jamais décidée… Et je continuerai à monter toujours mes soixante étages… à dîner dans les maisons bourgeoises…


GRÂCE, (songeuse.)

Tout cela pour ne pas fauter !…


MADMEOISELLE AIMÉE, (souriant.)

Vous l’avez dit… Allons, au revoir, madame Morillot… Il faut que je ne me mette pas en retard… Je vais aujourd’hui du côté de Clignancourt…


GRÂCE.

Bonne journée !…


MADEMOISELLE AIMÉE.

Et merci pour le muguet aussi ! Ça sent si bon, le muguet…

(Grâce la regarde partir sur l’escalier.)