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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/74

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CLAUDE.

Fais attention, voyons !… un, deux, un, deux. (S’exclamant tout haut en jouant.) Ah ! que c’est bon ! que c’est bon ! que c’est bon !


GRÂCE.

J’en avais faim !


CLAUDE.

Nom de nom ! que ça fait plaisir !


GRÂCE.

Pourvu qu’on ne nous chasse pas d’ici à cause du bruit !… Il y a des imbéciles que le piano ennuie…


CLAUDE.

La Marche nuptiale, Grâce ! Tout ce que ça m’évoque ! Celle que nous devions demander au curé de Saint-Jean, à Aix, le jour de notre mariage !… Un, deux… Imagine… Nous entrons dans l’église… nous avançons… vers l’autel… on s’écarte… On dirait que le tapis rouge nous conduit loin, loin, vers le ciel… Tu nous vois ?…


GRÂCE.

Moi, je nous vois encore dans le salon jaune… étudiant.


CLAUDE.

Oui, là il fallait qu’on entendît toujours le piano, à cause de ta mère… Grâce, te souviens-tu ? la première fois où, en jouant, tu as laissé tomber ta tête sur mon épaule… Tes cheveux me cha-