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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/61

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GRÂCE.

Au Louvre… une boîte… « Le savon des familles… » Un franc vingt la boîte.


CLAUDE.

Il sent très bon.


GRÂCE, (de la table.)

Je te casse ton œuf.


CLAUDE.

Merci, mimite…


GRÂCE.

Lait ou bière ?


CLAUDE.

Bière. (Il s’installe à la table et commence à manger.) Ah ! qui nous aurait dit tout de même, quand nous montions, le cœur battant, l’escalier des Lechâtelier, que deux jours après j’allais avoir un emploi de comptable, un emploi rémunéré, bureaucratique, antiartiste !…


GRÂCE.

Et qu’un mois après… juste, j’ai compté… tu aurais encore sans raison cette gratification de deux cents francs qui ne rime à rien !… Ils sont vraiment étonnants, ces gens !… C’en est même un peu gênant… Car il n’y avait aucune raison sérieuse à cette surprise.


CLAUDE.

Aucune… Dis donc, si tu vois Mme Lechâtelier, ne lui en parle pas ; ce sera plus discret…