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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/60

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CLAUDE.

Jamais ! Je me suis renseigné. C’est un vieil employé de commerce. À onze heures et quart, il rentre. À onze et demie précises, il attrape sa clarinette, ça dure jusqu’à midi moins le quart, et puis il va déjeuner… Tout l’hôtel se règle là-dessus.


GRÂCE.

Ce serait plus commode de régler les pendules.


CLAUDE.

Tu sais bien que les pendules d’hôtel ne marchent jamais.


GRÂCE.

Que fais-tu ?


CLAUDE.

Je la mets à l’heure tout de même. C’est plus gai de voir éternellement onze heures et demie que les six heures qu’elle marquait. Six heures, c’est ou trop tôt ou trop tard… (Il modifie les aiguilles, puis recule et contemple la pendule en souriant.) Paul et Virginie en bronze…


GRÂCE.

Se tenant par la main…


CLAUDE.

C’est une attention délicate de la patronne.


GRÂCE.

Tu es servi.

(Claude va à la toilette.)

CLAUDE.

Attends… une seconde… Où as-tu acheté ce savon ?

(Il pose ses manchettes en celluloïd et se lave les mains.)