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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/49

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ROGER.

Tu ne vas pas le recommander à nos amis, ce type-là !… Vois-tu qu’il compromette la petite Varandon, par exemple… Un détournement en mineur !


SUZANNE, (qui réfléchit.)

As-tu remarqué comme elle le couvait des yeux, inquiète de lui, maternelle, le dominant de toute sa protection, si simple pourtant avec cela, si peu agitée.


ROGER.

Et ce tutoiement, hein ?… sans aucune gêne devant nous…


SUZANNE.

Penser que toute cette délicatesse va être mise au service d’un être pareil !… J’ai entendu quelque chose de très touchant, Roger, pendant que je parlais à voix basse à Nelly.


ROGER.

Ah !… Quoi donc ?


SUZANNE.

Elle n’a pas pensé que je pourrais l’entendre… Elle lui a dit tout bas : « Arrange ta cravate qui a tourné ». Ce n’est rien, et cependant, tu ne trouves pas cela charmant ?


ROGER, (riant.)

Ah ! non, par exemple ! Je ne m’attendrirai pas là-dessus… Ne compte pas sur moi… Réservons notre pitié pour nous-mêmes, a dit… Machin… nous ne savons pas comment nous finirons…