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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/41

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Scène V


Les Mêmes, ROGER LECHÂTELIER


SUZANNE.

Mon ami, je te présente Mademoiselle Grâce de Plessans, dont je t’ai si souvent parlé. Je ne sais si tu te souviens…


ROGER.

Vaguement du moins… N’est-ce pas l’amie avec laquelle vous échangiez des correspondances, autrefois ?… Mademoiselle… (Il salue imperceptiblement.) Et monsieur… son frère ?…


SUZANNE, (rapidement.)

Non. Je vais te dire très simplement la vérité. Un coup de tête dont nous n’avons pas à nous occuper, d’ailleurs… Mademoiselle et monsieur s’aimaient… La famille de Plessans n’a pas voulu entendre parler du mariage… Et, comme Grâce est majeure, ils sont partis, sans ressources, pour Paris… Je t’expliquerai.


ROGER, (indifférent, rapide.)

Ah ! ah !… Mais c’est vous que cela regarde, ma chère amie. Je ne vois pas ce que je puis… dans l’occurrence…


SUZANNE, (insistant.)

Grâce a pensé, avec raison, qu’en souvenir de notre amitié passée, nous nous élèverions au-dessus des préjugés ordinaires…