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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/359

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afin de ne pas l’oublier plus tard, quand tu auras du chagrin. C’est moi qui aurai voulu…


ROSINE.

Accompagne-moi au moins jusqu’à Paris… Tu ne veux pas ? Pourquoi ? Viens donc… Ça va être si triste, si triste, notre maison, ce soir… quand tu seras tout seul là dedans ! Notre chambre !… Viens donc… tu reprendras le train demain…


POLICHE, (secouant la tête.)

Non… faut pas !…


ROSINE.

Et puis, cela va occasionner des potins absurdes dont tu souffriras. C’est vrai ! que diront les gens, tes amis, les miens, les camarades… ceux qui t’attendent ?


POLICHE.

Bah ! un Poliche de perdu, dix de retrouvés… Combien y en a-t-il, comme moi, de ces garçons qui, durant un an ou deux, épatent Paris, renversent leur verre chez Maxim’s, le remplissent bruyamment dans tous les Bodegas à la mode… attachent un instant leur légende aux éphémérides de ce monde, que j’ai traversé avec toi, Rosine, et que je quitte… J’ai eu des prédécesseurs. Après moi il y en aura d’autres. Pourquoi ?… On se demande généralement, oui, pourquoi ils se sont trémoussés désespérément ainsi, les pauvres bougres ! Moi, je sais. C’était à cause d’une femme pareille à toi, à cause d’un gant blanc parfumé entre tous. Ils ont disparu, comme je vais disparaître, de la circulation. On leur suppose une fin romanesque. Non.