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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/343

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POLICHE.

La lettre, elle n’existe pas. (Montrant en riant le papier qu’il tenait en mains tout à l’heure.) C’est un prospectus !… Comme j’avais de bonnes raisons de désirer que ton amie déguerpît rapido, j’ai forgé ce petit roman avec les renseignements du chauffeur… Je suis arrivé à mettre ça debout… J’ai joué le rôle de la fatalité. Pan !… Et crois-tu qu’elle a filé vite !


ROSINE.

C’est révoltant !… Ah ! l’ignoble plaisanterie !… Le revoilà donc, le Poliche, dans toute sa splendeur… Je suis outrée !


POLICHE.

Ne te frappe pas. Ce n’est rien… qu’un petit chien de ma chienne. Mais je le lui devais bien, à celle-là !…


ROSINE.

Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle t’a fait, cette pauvre fille ?


POLICHE.

Ce qu’elle m’a fait ! Je ne le devine que trop ! Tiens, il n’y aurait qu’à te regarder pour le savoir !… On vient de remuer l’eau… Ce qui était au fond est remonté à la surface… Depuis un quart d’heure, tu souffres peut-être, mais tu ne t’ennuies plus… C’est la première fois depuis un mois !


ROSINE.

C’est tout ce que tu trouves pour t’excuser ? Tu me fais hausser les épaules !