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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/336

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THÉRÉSETTE.

Non, non… jamais… tu ne l’auras pas… (Elle court, elle monte sur les canapés du fond. Rosine cherche à l’attraper.) L’aura pas… l’aura pas…


ROSINE, (poussant un cri en prenant la photo.)

Eh bien, si tu trouves qu’elle n’est pas assez tirée, qu’est-ce qu’il te faut ?


THÉRÉSETTE.

Qu’est-ce que tu as vu ?…


ROSINE.

Qu’elle l’embrasse, parbleu !…


THÉRÉSETTE.

Ce n’est pas de ma faute… Au moment où je pressais le déclic… clac, elle s’est appuyée la joue contre lui.


ROSINE.

Exprès… Ce sont des tableaux vivants… pour Rosine !… Non, mais elle est laide !… On n’a pas de pose de victoire comme ça… Elle est répugnante ! Pauvre petit, comme il doit s’ennuyer avec elle !… J’embrassais mieux !… Ah ! souvenir, souvenir, tout de même ! Ce que nous nous sommes aimés pourtant !… tiens, voilà que tout me revient dans une bouffée rageuse et voluptueuse, devant ce bout de papier !


THÉRÉSETTE.

Tu vois bien que tu l’aimes encore. Eh bien, tu n’aurais qu’un mot à prononcer, un geste à faire, et, cette fois, pour tout à fait.