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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/313

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driez bien frayer avec des horticulteurs, comme de bons bourgeois…


POLICHE.

… que nous sommes ! Moi, au contraire, la première fois que vous m’avez apporté un pot de bégonias, je me suis dit : « Sa tête me revient, à Monsieur Lecointe ! On chassera ensemble. »


MADAME LECOINTE.

Ça, madame Meireuil, je dois dire comme Monsieur Lecointe que, pour des Parisiens, vous me suffoquez. Vous avez des idées moins avancées que les nôtres sur toutes les choses… Vous êtes ce qu’on appelle tout à fait bien pensante… d’un popote !… Jamais je n’aurais cru que Madame Meireuil allait à la messe le dimanche, je l’avoue franchement !


LECOINTE.

Et moi ! Si jamais j’aurais cru, à voir Monsieur Meireuil, qu’il était homme à apprivoiser les poissons rouges !…


POLICHE, (désignant un bocal sur la cheminée.)

« Des », vous exagérez… un seul… Le pauvre petit se noyait dans le bassin, à moitié asphyxié par les feuilles croupies… alors, je l’ai déposé dans un bocal…


MADAME LECOINTE.

Drôle d’idée !… Je préférerais m’attacher à d’autres bêtes !… Un poisson, ça ne vous montre pas d’affection…


POLICHE.

Si, quand je lui ai changé son eau.