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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/293

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BOUDIER, (saluant froidement.)

Madame, il me reste à vous demander pardon de vous avoir importunée.


ROSINE.

Et moi, monsieur, je vous demande pardon de vous recevoir ainsi, mais vous tombez mal… il n’y a pas à dire ! Vous tombez à un moment où la seule vue d’un échantillon de cette odieuse espèce qu’on appelle les hommes me mettrait hors de moi !


BOUDIER, (souriant.)

Mon Dieu, madame, ce n’est pas très flatteur pour nous, ce que vous dites là ; mais, du moment que je ne suis pas le seul motif de votre exaspération, me voilà rassuré. Vous avez dépouillé, je le vois, votre belle gaieté de l’autre jour… Et c’est notre vilaine corporation qu’il en faut accuser. Oh ! fi !


ROSINE.

Dites plutôt la vie stupide que nous menons, nous autres pauvres femmes, où nous ne sommes entourées que de butors, de mufles et d’exploiteurs. Ah ! vous me trouvez moins en train que l’autre jour, qu’est-ce que vous voulez ? excusez mon accueil… mais vous passez juste devant moi, à un moment où je reçois sur la tête une de ces douches… qui vous donnent l’envie folle de crier, de mordre !… Alors, je crie…


BOUDIER, (l’interrompant.)

Et vous ne mordez pas… je vous en remercie !… Je suis très sensible à cette faveur. Oh ! oui, des