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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/291

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AUGUSTINE.

Il n’y a pas de doute possible… C’est le bras de Monsieur de Saint-Vast. Je reconnais le veston. C’est moi qui l’ai brossé l’autre jour.


ROSINE.

Il lui tend la main… Il l’aide à monter. Les voilà partis. Ah ! le mufle aussi, celui-là (Elle vient s’affaler dans un fauteuil, suffoquante.) Il l’attendait dans la voiture. Voilà qui dépasse la mesure, pour le coup. Chez moi, chez moi, à ma porte, là, tous les deux, devant mes fenêtres !… Ah ! le joli monsieur ! (Éclatant.) Eh bien, moi qui allais lui donner mon cœur, moi qui étais partie pour un grand amour, moi qui ai pleuré toutes les larmes de mon corps parce qu’il me trompait !… Ah ! par exemple, voilà qui me guérit d’un seul coup… Ecœurée, littéralement écœurée, voilà ce que je suis !… La joie d’envoyer à l’écurie le petit « Saumur » !… Ah ! l’ignoble personnage ! (Elle parle, elle parle avec des gestes furieux. Se retournant, à Augustine.) Vous êtes encore là, vous ?…


AUGUSTINE, (terrorisée.)

Mais, madame.


ROSINE.

Voulez-vous bien déguerpir ! Je sens que je vais faire un malheur. Oh ! oh ! casser ce vase sur la tête de quelqu’un !

(Elle brandit un vase. Augustine ouvre la porte pour s’enfuir, et donne passage à Boudier qui arrivait justement. Il voit le geste de Rosine et fait un mouvement pour se garer du vase.)