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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/290

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Scène VII


ROSINE, seule, puis AUGUSTINE


ROSINE, (seule.)

J’étouffais !… Oh ! la canaille ! la rosse ! J’ai été au-dessous de tout, au-dessous de tout !… J’aurais dû lui sauter à la figure, au lieu de faire de l’esprit… C’est fini, elle me l’a pris…


AUGUSTINE, (entrant.)

Madame veut-elle que j’expédie le paquet ?… Le chauffeur est revenu…


ROSINE.

Le paquet !… Elle l’a, son paquet, elle l’a !… Je voudrais voir au moins la tête qu’elle doit faire en ce moment, en l’ouvrant dans l’escalier ; ça me consolerait !… (Elle va à la fenêtre, entr’ouvre les petits rideaux, regarde dans la rue et pousse un cri guttural.) Oh !… là ! Quelle horreur ! là !…

(Elle montre désespérément du doigt quelque chose dehors en suffoquant.)

AUGUSTINE, (se bouchant les yeux.)

Mon Dieu ! un accident !… un homme écrasé ? Je ne veux pas voir ça.


ROSINE.

Là, regardez ce bras… je ne me trompe pas… ce bras qui sort de la voiture et qui tient la portière ouverte, c’est celui de Victor ?