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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/28

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SUZANNE.

Mais enfin, de quoi allez-vous vivre ? Avez-vous un peu d’argent ?


GRÂCE.

J’avais quelques économies de jeune fille, monsieur, ses économies de répétiteur, le profit de ses leçons particulières au lycée. Il avait aussi organisé dernièrement, à l’évêché, un concert spirituel qui lui a rapporté un peu… Oh ! l’ensemble ne fait guère !… Il compte donner des leçons de piano ; il est très virtuose… mais il se consacrera pour l’instant à l’enseignement…


SUZANNE.

On vit difficilement à Paris avec des cachets de cent sous… Eh ! oui, je dis crûment la chose !… Pourquoi se leurrer ?


GRÂCE, (timidement.)

Aussi ai-je pensé, justement, que peut-être toi, avec tes relations, tu pourrrais lui trouver un emploi différent dans la journée… Il donnerait des leçons de piano de cinq à huit heures… Le reste du temps il travaillerait… Ton mari, je crois, a des usines importantes ?… Peut-être un poste vacant peut se trouver…


CLAUDE, (protestant.)

Oh ! si modeste qu’il soit… j’accepterais le plus petit emploi.


GRÂCE.

Il est très intelligent… Il se mettrait très vite au courant. Tu excuses ma première pensée et