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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/278

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MADAME LAUB.

Oh ! tu sais… je ne suis pas très délicate…


ROSINE.

Je sais.


MADAME LAUB.

Ce que je dépense, je le répare par un bon sommeil… Moi, il me faut mes douze heures ; si je ne les ai pas, je suis malheureuse comme tout !… À propos de sommeil, je ne t’ai pas aperçue, au gala du roi, à l’Opéra.


ROSINE.

Mais non. Je ne vais pas à ces machins-là… Pourquoi, « à propos de sommeil » ? Ç’a été ennuyeux ?


MADAME LAUB.

Ah ! ma chère ! Justement le roi a dormi tout le temps de la représentation… mais dormi !… je n’ai jamais vu dormir un homme comme cela.


ROSINE.

Je l’espère bien pour toi.


MADAME LAUB.

Que tu es stupide !… Mais qu’est-ce que nous avons à bêtifier comme ça ? Quelle drôle de conversation, tu ne trouves pas ?


ROSINE.

Mais oui, en effet, n’est-ce pas ?… Nous faisons des mots, des petits chichis… nous avons l’air empaillées ! Comme c’est bien nous !


MADAME LAUB.

On m’a raconté la dernière de Poliche. Il paraît