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GRÂCE.

Il était professeur au lycée…


CLAUDE, (vivement.)

Ça ennuie peut-être madame, toutes nos histoires.


GRÂCE.

Bref, la situation devenait intolérable. Mon choix était fait… Mon père m’a maudite devant mes deux sœurs réunies en conseil de famille… J’ai rejoint M. Morillot et nous sommes venus à Paris… Voilà huit jours que nous l’habitons.


SUZANNE, (se levant.)

Mais enfin, c’est fou !… Cest fou !… C’est un coup de tête dont les conséquences vont devenir pour toi effrayantes… ma petite Grâce !


GRÂCE.

Les conséquences sont toutes pesées… Ce n’est pas un coup de tête… Oh ! je ne suis pas une romanesque, va… ni un cerveau brûlé… Nous avons parfaitement senti que nous nous aimions pour la vie, moi et M. Mo…, tu permets que je dise Claude devant toi ? Ce sera plus simple, moins bêta.


SUZANNE.

Mais quelle démence !… Je me demande si je rêve… Toi, Grâce de Plessans, abandonner une situation mondaine… un avenir aussi brillant que celui qui t’attendait peut-être… anéantir ainsi ton existence !… Je vous demande pardon de dire cela devant vous, monsieur ; mais enfin,