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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/246

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ROSINE.

Taisez-vous ! Ne me regardez pas ainsi… Oh ! mais je sens que je vais vous adorer !


SAINT-VAST.

Je t’adore, je t’adore, je t’adore !


ROSINE.

Jamais je n’ai eu une pareille impulsion. Jamais je n’ai osé ce que je viens d’oser. Vous me croyez. Je ne me reconnais pas. Il y a si longtemps que je rêvais d’un être qui vous ressemblait. Vous n’irez pas voir cette méchante femme, dites ?


SAINT-VAST.

Je vous le promets.


ROSINE.

C’est que je suis très jalouse, vous savez. (Avec éclat.) Mon Dieu ! vous allez me faire souffrir. Ce que vous allez me faire souffrir ! Je ne vous connais pas, et j’ai déjà envie de vous crier : « Vous ne me tromperez pas, dites !… »


SAINT-VAST.

Non, non… Je t’adore. Je ne te tromperai pas, Rosette !


ROSINE.

… ine… Rosine… Et vous, Victor, n’est-ce pas ?


SAINT-VAST.

Je n’en suis pas plus fier pour ça.