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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/22

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attendant, l’oreille dressée aux bruits de l’appartement. Tout d’un coup, sous le long silence, leurs regards se rencontrent. Il lui sourit comme pour se donner du courage à lui-même, avec un petit soupir d’angoisse.)

CLAUDE.

Petite mimite, va…


GRÂCE, (de loin, lui répond par le même sourire court et comme machinal, l’œil ailleurs, l’oreille préoccupée.)

C’est rien, c’est rien…

(Ils restent ainsi, sans geste, patients, les sourcils seulement un peu contractés. La porte s’ouvre avec fracas.)


Scène III


Les Mêmes, SUZANNE LECHÂTELIER


SUZANNE, (en coup de vent, s’exclamant de la porte.)

Hé, bonjour… ma petite Grâce !… Comment, toi à Paris !… Que je t’embrasse !


GRÂCE, (simplement.)

Bonjour, Suzanne…

(Suzanne Lechâtelier arrête net ses effusions, interdite en apercevant le monsieur qui accompagne Grâce de Plessans. Elle salue, étonnée.)

SUZANNE.

Monsieur… (À Grâce.) Je te demande pardon, je ne suis peut-être pas au courant… Dix ans que nous ne nous sommes vues, cinq ou six que nous ne nous sommes écrit !… Bien des événements heureux ont pu depuis se produire sans que tu m’aies avertie… (Rassurée à cette idée, elle