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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/174

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CLAUDE, (s’approchant.)

Voici.


ROGER, (inspectant vaguement la feuille.)

Oui… Bon… Vous entrerez ce soir à cinq heures dans mon bureau. J’ai à vous parler de différentes choses… J’enverrai prendre des nouvelles de votre femme ce soir… (Vivement.) Tenez, mettez l’adresse là-dessus… je jetterai la lettre en passant. (Claude s’éloigne jusqu’à la table et écrit. Roger bas à Grâce.) Vous quitter ainsi, quelle angoisse !


GRÂCE.

Il le faut.


ROGER.

Au moins, jurez-moi que vous serez calme d’ici demain. Je reviendrai à onze heures demain matin…


GRÂCE, (parlant très haut.)

Monsieur et Madame Lechâtelier ont été si bons pour moi, mon ami… Ils s’inquiètent bien à tort de ma santé, d’ailleurs… J’ai promis à monsieur d’être vaillante. Je le serai… Je ne suis plus ni triste, ni faible… Jamais je ne me suis senti plus de courage qu’en ce moment. (Elle regarde Lechâtelier.) Je souhaite à tout le monde d’en avoir autant que moi devant la faiblesse de nos pauvres corps !… Tenez, avant de nous quitter, voulez-vous avoir l’obligeance de prendre ce petit bijou qui appartient à votre femme… J’ai oublié de le lui rendre. (Bas.) Regardez avec quoi je l’enveloppe. (Elle prend sur la cheminée la Bible illustrée du deuxième acte, qu’elle avait sortie tout à l’heure de sa valise. Elle en déchire