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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/171

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GRÂCE.

Et puis, après ?… Ma vie me regarde… Allez-vous-en… allez-vous-en d’ici !…


ROGER.

Votre vie me regarde moi aussi, maintenant.


GRÂCE.

Non… J’en dispose comme il me plaît… Vous n’êtes qu’un coupable.


ROGER.

Oui, c’est vrai, un coupable… Je ne le sens que trop maintenant !… mais un coupable qui vous sauvera… Vous avez tenté cette chose insensée et irréalisable encore à notre époque, l’union de deux races opposées… Utopie !… Tôt ou tard les abîmes devaient apparaître entre cet homme et vous… l’antagonisme des classes… c’était fatal… Tout votre passé, vos sens vous prédestinaient à quelqu’un de votre monde. La nature devait reprendre le dessus. Eh bien, puisque j’ai été celui-là qui s’est trouvé sur votre chemin, ce n’aura pas été en vain… Je vous sauverai, je vous le promets. Votre vie n’est pas irrémédiablement gâchée… Toute la force de ma tendresse, Grâce, va s’employer à vous sauver…Vous allez voir !…


GRÂCE.

Non… Vous n’en avez pas le pouvoir… Laissez ma destinée s’accomplir… Désormais vous en êtes exclu… Allez-vous-en !… Ne faites plus de peine à personne. Adieu !…