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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/168

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Je verrai les quais, les fleurs, les oiseaux…

(Grâce s’approche de la fenêtre, l’ouvre toute grande. Le soleil éclaire les toits.)

GRÂCE.

Oh ! Paris !… Paris auquel je songeais si souvent là-bas, comme tu dois en engloutir de ces héros sans gloire, au fond de tes rues où les maisons se pressent si douloureusement les unes contre les autres !… Grand Paris, seule ville où l’on meurt comme l’on doit mourir, anonyme, perdu, comme l’on était entré en toi, Paris, plus profond que les bois !


MADEMOISELLE AIMÉE, (la voyant retenir ses larmes.)

Vous avez donc bien du chagrin, dites !…


GRÂCE.

Ce n’est rien… Je ne veux pas que l’on s’occupe de moi… Courez vite à votre besogne… Ne vous mettez pas en retard et ne pensez plus à votre amie… Embrassez-moi encore une fois, tenez, et partez vite…


MADEMOISELLE AIMÉE.

À ce soir, alors !… Vous permettez bien que j’ouvre la porte en repassant à sept heures ?


GRÂCE.

Ouvrez la porte… C’est cela… J’y serai.