Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/166

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ouvrant la porte, la prière du soir… C’est très doux…


GRÂCE.

La prière du soir !… Vous êtes croyante ?


MADEMOISELLE AIMÉE.

Non. Est-ce que je vous offusque ?


GRÂCE.

Autrefois, j’aurais été offusquée… Aujourd’hui, mes idées sur toute chose sont tellement troublées… Je ne sais même plus s’il y a une vie future !… En tout cas, je ne crois plus à l’enfer… Et tout est là !… Ce serait trop bête, trop révoltant… Je vois Dieu comme une grande lumière… une vaste solitude apaisante, qui vous comprend… Ah ! la vie est mal faite !


MADEMOISELLE AIMÉE.

Comme vous paraissez découragée !… Vous qui devriez être si heureuse, au contraire !…


GRÂCE.

Si heureuse ! Au fait, mignonne, que devient votre député socialiste, Monsieur Perrier ?…


MADEMOISELLE AIMÉE.

Comment, vous n’avez pas vu ?… Il va y avoir un changement de ministère et j’ai lu dans un journal du soir qu’il était sûr de faire partie de la combinaison ministérielle.


GRÂCE.

Eh bien, voilà qui est admirable pour vous.