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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/164

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Vous permettez ? Je suis si heureuse, si attendrie de ce que vous m’annoncez là… Quel bonheur pour vous ! Un enfant de celui qu’on aime, comme ce doit être doux !


GRÂCE.

Un enfant de celui qu’on aime !


MADEMOISELLE AIMÉE.

C’est la seule chose que je regretterai en demeurant vieille fille… Vous verrez comme votre vie va être transformée maintenant !


GRÂCE.

Peut-être…


MADEMOISELLE AIMÉE.

C’est le but atteint.


GRÂCE.

Oui… voilà le total.


MADEMOISELLE AIMÉE.

Si vous saviez comme cela va être gentil ! Tous les jours j’en vois tant de pauvres femmes qui, sans cela, n’auraient pas souffert l’existence, allez !… J’ouvre la porte… Un sein nu sous la lumière… et deux bouches rient dans la plus affreuse mansarde.


GRÂCE.

Et, parmi toutes ces femmes que vous visitez de taudis en taudis, pas une, pas une, ne maudit sa maternité, le fruit de ce qui a été son amour ?