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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/162

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tr’ouverte et comme je sais que ce n’est pas l’heure à laquelle rentre Monsieur Morillot, j’étais inquiète…


GRÂCE, (toujours de l’intérieur.)

Bonjour, petite amie. Comment allez-vous depuis ce temps ?


MADEMOISELLE AIMÉE.

Pas mal… toujours de même, je vous remercie.


GRÂCE.

Une seconde… je passe une robe…


MADEMOISELLE AIMÉE.

Finissez, finissez… d’ailleurs, je me sauve…


GRÂCE.

Non, attendez que je vous serre la main.


MADEMOISELLE AIMÉE.

Quand êtes-vous donc revenue ?…


GRÂCE.

Il n’y a qu’une heure que je suis ici… Figurez-vous que j’ai pris subitement le train de nuit à Compiègne, en robe ouverte et souliers de satin sous mon manteau ; je me suis trouvée à Paris à trois heures du matin. Je n’ai pas voulu, à cette heure indue, éveiller mon mari qui se serait livré à mille suppositions… D’autant mieux que j’avais un achat important à faire dans Paris, dès l’aurore, en fiacre… Alors, j’ai pris une chambre dans un hôtel de la gare du Nord… et j’ai attendu qu’il fût dix heures pour rentrer rue du Bœuf. Claude en revenant de son bureau aura une surprise à me trouver en train de préparer son déjeuner…