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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/153

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je sais, et surtout que je vous aime comme aime un enfant… avec une espèce de fièvre de vous qui fait que, même la nuit, je mâche dans l’air votre frais parfum de verveine…


GRÂCE.

Que je souffre, mon Dieu ! que je souffre !… Qu’est-ce donc que j’éprouve de nouveau qui est si doux… et si triste ! si triste ! Ah ! que c’est mal ce que vous faites là, que c’est mal !…


LECHÂTELIER, (bas penché sur elle.)

Je voudrais vous aimer…


GRÂCE, (les yeux clos, avec un rais de regard blanc et fixe à travers les cils.)

Je voudrais mourir…

(Suzanne ouvre la porte du salon.)

SUZANNE.

Roger, veux-tu demander qu’on monte le champagne glacé ici, tout de suite ?


LECHÂTELIER.

Parfaitement.

(Il sort. Suzanne referme la porte du salon.)


Scène X


GRÂCE, SUZANNE


SUZANNE.

Mon petit, ce n’est pas parce que je te trouve seule avec mon mari que je vais te dire cela… tu es seule avec lui tant qu’il te plaît, bien entendu !…