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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/144

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SAUSSY, (après avoir regardé.)

Si je devine, je demande la permission de l’embrasser.


JULIENNE.

Et si c’est la mienne, je vous donne même la permission de la demander à papa.


SAUSSY.

Il n’y a pas de doute pourtant, ce n’est pas la vôtre… C’est la plus jolie main de femme qu’il y ait ici… celle-ci…

(Il prend la main de Grâce et l’applique fort goulûment à ses lèvres.)

GRÂCE, (se débattant.)

Monsieur !… Voyons, monsieur… Que faites-vous ?


LECHÂTELIER, (entrant du salon ouvert et voyant le geste prolongé.)

Qu’est-ce ? Mon petit Saussy, il me semble que vous passez un peu la mesure.


SAUSSY.

Nous nous amusions au jeu de société que vous avez proposé tout à l’heure…


LECHÂTELIER, (sèchement.)

Ce n’est pas une raison, mon cher, pour manquer de respect à une femme chez moi.


SAUSSY.

Quelle mouche vous pique, Lechâtelier ?… Je ne prendrai pas cette semonce au sérieux, je vous en avertis.