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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/126

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CLOZIÈRES.

Ah ! laissez-moi me tordre, franchement… Si l’on reconnaît une chrétienne à ce qu’elle a fichu le camp avec son professeur de piano, ce n’était vraiment pas la peine d’avoir voté la Séparation !…


LECHÂTELIER, (s’animant.)

Pense ce que tu voudras, mais c’est une mystique dévoyée ; et, de plus, une femme dont les sens, quoi qu’elle ait fait, n’ont jamais tressailli…


CLOZIÈRES.

Mais le professeur ?


LECHÂTELIER.

… j’en répondrais… C’est justement parce que j’ai ri comme toi que je puis mieux parler, maintenant que j’ai approché — oh ! de très loin, crois-le bien — cette jeune femme, durant les trois semaines qu’elle villégiature ici… Une chrétienne, je maintiens le mot… moins la foi peut-être (Clozières rit.), et encore je n’en sais rien. (Avec animation.) Mais regarde, réfléchis ; ce sont les anciens principes, abnégation, sacrifice, orgueil, le cilice, l’ardeur de l’humilité, mis seulement au profit de sentiments plus modernes, quoique aussi graves… Ce sont les mêmes idées, au fond, mais qui évoluent avec l’époque.


CLOZIÈRES, (sévèrement.)

Et dégénèrent…


LECHÂTELIER.

Si tu veux… seulement on retrouve les mêmes