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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/108

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grande. La chambre est vide.) Regarde… Il n’y a personne… C’était un bruit…


CLAUDE.

Grâce, donne ta main…


GRÂCE.

Qu’y a-t-il donc ?


CLAUDE.

J’ai commis une mauvaise action… pour toi, Grâce, c’était pour toi !… Je ne croyais pas que ce fût grave…


GRÂCE.

Mais t’expliqueras-tu, à la fin ?… Tu me glaces !…


CLAUDE.

C’était le piano, Grâce… Tu en avais tant envie ! Je le devinais tellement ! Je ne voulais pas que tu souffres de privations, ça me rendait malheureux affreusement, cette idée… Mon ami René m’avait promis de me prêter cent francs le mois prochain… Je n’ai pas pu attendre… sottement… Ça me faisait tant de plaisir de t’offrir cette petite joie… si petite… Et puis, je n’avais pas osé te dire que la fille de la papetière était partie dans le Midi et que ces soixante francs allaient nous faire défaut… Je voulais aussi que nous changions de chambre, nous agrandir… Alors, j’ai inventé la gratification…


GRÂCE, (avec effroi.)

Claude !


CLAUDE.

Je n’ai pas volé, ne le crois pas ! J’ai pris…