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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/103

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Ils souffrent de ne pas nous comprendre… seulement ils ne savent pas le dire…

(À ce moment, on entend un sanglot étouffé. C’est la petite Mariette qui, dans son coin, près du piano, laisse éclater une émotion solitaire.)

GRÂCE, (courant à elle.)

Mariette, ma petite Mariette !… Viens là… viens, que je te parle à l’oreille.

(Elle l’entraîne à l’écart.)

MADAME DE PLESSANS, (vivement.)

Tu l’aimais tant, ta Mariette !


GRÂCE.

Je l’aime toujours !… Ma petite fille chérie, on te procure là une bien grande émotion pour ton âge, n’aie pas peur, ce ne sera rien…


MARIETTE, (balbutiant, bas à l’oreille de sa sœur, à travers ses larmes.)

Je te reverrai plus. Grâce !… Je te reverrai plus !


GRÂCE.

Si, mon amour ! Il y a une grande place pour toi dans mon cœur, si tu savais !… Ce m’a été si dur de t’arracher de moi… Là, là…


MARIETTE, (suppliante, en sanglotant toujours.)

T’en vas pas… Me laisse pas toute seule… Je te reverrai plus !…


GRÂCE.

Ne dis pas, ne dis pas ces choses, ma tendresse !… Oh ! si, nous nous retrouverons bien un jour…