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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/101

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MADAME DE PLESSANS.

Jamais !… Ton père est irréductible ! Il ne voudra jamais. C’est un entêté terrible… Tout ton portrait… Les filles tiennent toujours de leur père !… Recevoir ce sacripant chez lui comme son fils… ah ! bien !…


GRÂCE.

Mais alors que viens-tu faire ici ? Comment as-tu pu supposer, après les scènes interminables qui ont précédé mon départ, que je mentirais un jour à ma résolution ?… Quelle inutile tentative !… Je ne suis pas folle, pourtant !… Si je suis partie d’Aix, ç’a été beaucoup pour vous épargner, à vous, à papa et à toi, la honte de la mésalliance sous laquelle, paraît-il, vous succomberiez… D’ailleurs, sans votre consentement, comment aurions-nous vécu là-bas ! Comment aurions-nous trouvé du travail ?…


MADAME DE PLESSANS, (levant les bras au ciel.)

Du travail !


GRÂCE.

Chez les gens qui auraient été nos égaux, la veille, et parmi nos anciennes relations ?… Je suis partie, chassée… Laissons les choses en l’état, et ne revenons pas sur cette vieille histoire, après tout ce qui en a été dit, grand Dieu !…


MADAME DE PLESSANS.

Tu sais bien que je ne parviendrai pas à fléchir ton père. Tout ce qu’il fera, c’est d’atténuer peut-être la rigueur de ton bannissement en envoyant