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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/93

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jour-là sera terrible. Voilà ce que je suis en train de penser.


IGNATY.

C’est de l’anarchie en smoking, mon cher. Prenez garde qu’elle ne retombe sur les gens de votre acabit, et que nous ne soyons impuissants avec nos lois à vous défendre contre les malfaiteurs que vous aurez ameutés par dilettantisme.


NEKLUDOFF.

Les malfaiteurs !… J’ai vu à la cour d’assises un magistrat s’évertuer à faire condamner une malheureuse fille dont la situation n’aurait provoqué que de la pitié chez un honnête homme… j’ai vu…


IGNATY, ému, des larmes de rage derrière le binocle.

Je ne ferais pas le métier que je fais si je n’étais pas convaincu de sa légitimité.

(Il va à la fenêtre et s’essuie les yeux.)

NATACHA, à Ignaty.

Calme-toi… À quoi cela sert-il, mon Dieu !… (À Nekludoff.) Dimitri, tu as été cruel pour mon mari.

(Elle prend Nekludoff par le bras et passe à droite, Ignaty rentre au salon.)

NEKLUDOFF.

J’ai dit la vérité.


NATACHA.

Et tu m’as fait beaucoup de peine.