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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/77

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vite, vite… on marche pour étouffer le glissement désespéré contre le cuir, et… (Il s’interrompt en regardant Nikhine qui paraît inattentif depuis un instant et tourne la tête vers la porte du fond…) Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi n’écoutez vous plus ? Ah! est-ce que ?…

(On entend vaguement des bruits dans la salle d’audience.)

NIKHINE, nerveux.

Où en sont-ils ?… voyons… où en sont-ils ?

(Il va entr’ouvrir la porte du fond. On perçoit les derniers mots de l'arrêt que lit le président, puis aussitôt un grand cri.)

LA VOIX DE LA MASLOWA.

Je ne suis pas coupable, pas coupable !… Je le jure… je n’ai pas voulu tuer, mon Dieu !… Je dis la vérité, la vérité !… Mon Dieu, ce n’est pas moi, ce n’est pas moi !…


NEKLUDOFF, criant à tue-tête.

Fermez cette porte, fermez cette porte ! Pour Dieu, fermez !… C’est trop horrible !

(Nikhine referme précipitamment la porte et redescend vers Nekludoff.)


Un temps.


(Les deux hommes écoutent encore malgré eux. On entend un bruit de crosses de fusils qui retombent. Nikhine va parler. Nekludoff l'arrête d’un geste.)