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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/63

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UN JURÉ.

De ce train-là, ça va durer deux heures


DEUXIÈME JURÉ.

C’est probable.

(Il se lève pour boire un verre d’eau, au fond.)

LE MARCHAND.

Oh ! je ne sais plus ce qu’on a dit et ce qu’on n’a pas dit !


LE PRÉSIDENT, à un vieillard à sa droite, qui n'a rien dit depuis le commencement.

Et vous ? vous ne dites rien. Quel est votre avis ?


UN JURÉ.

Il est sourd.


LE VIEILLARD, hochant la tête, comme s'il sortait de sa rêverie.

Nous ne sommes pas des saints… nous ne sommes pas des saints…


LE PRÉSIDENT, se penchant à son oreille.

Mais il ne s’agit pas de cela… La question est…


LE VIEILLARD, se soulève de sa chaise et dit.

Nous ne sommes pas des saints… Il vaut mieux toujours pardonner.

(Et il se rassied en hochant toujours la tête.)