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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/60

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DEUXIÈME JURÉ.

Moi aussi je la crois innocente, comme le prince Nekludoff. Néanmoins, elle avoue que la vieille lui avait dit :« J’ai mis un peu d’opium dans le cognac ! »


LE CAPITAINE.

Et puis l’opium est aussi un poison. J’ai une belle-sœur qui a failli en mourir. Elle n’avait pris que quarante gouttes cependant.


LE PROFESSEUR.

Pardon… Les constatations médicales ont une conclusion dubitative. Je signale cette matière bien que cela n’ait pas un rapport direct avec l’affaire, puisque la victime est morte, mais dans l’intérêt de la vérité, les rapports médicaux fournissent un champ de discussion considérable et scientifique…


LE CAPITAINE, aigrement.

Nous ne sommes pas des savants


LE PROFESSEUR, vexé.

J'ai quelques connaissances toxicologiques qui…


LE PRÉSIDENT.

Ce n’est pas la question, puisque quel que soit le poison, la victime est morte.


UN JURÉ.

Très bien.