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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/59

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sur notre travail et nos affaires… Il ne faut pas en abuser. D’autant que nous avons d’autres affaires à juger. Je vais faire la lecture de la question (Il lit.) « Catherine Maslowa, vingt-sept ans, est-elle coupable d'avoir, de complicité avec la vieille Euphémie Botschew, qui s’est tuée le jour même de son arrestation, ôté la vie au marchand Smielkow en lui donnant du poison dans du cognac, avec l'intention de lui dérober son portefeuile et une bague en brillants ?… »


LE COMMIS.

Quelles rosses…


NEKLUDOFF, vivement.

Le président permettra que je résume clairement à messieurs les jurés, tant sa réponse a été nette, la justification qu’a donnée la Maslowa. La vieille Euphémie, propriétaire de l'établissement, s’est tuée en avouant son crime. Il n’y a pas de doute sur cela. Elle s’est fait justice. Or, l’accuation de complicité portée sur la Maslowa est absurde. Elle a remis au marchand… qui était en état d’ébriété, d’ailleurs… la tasse de cognac, sans savoir qu’il y avait du poison dedans. Pourquoi l’aurait-elle tué ? Une pauvre fille en maison n’a pas tant besoin d’argent.


LE MARCHAND.

Bien sûr… Qu’en aurait-elle fait ?