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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/55

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NEKLUDOFF.

L’idée ne m’en est pas même venue.


LE PROFESSEUR.

Eh bien, voilà un beau trait de courage civique… Souffrir la faim et la soif, hé, hé !… Encore si on pouvait piquer un petit somme !


TROISIÈME JURÉ.

Moi je crois bien que j’ai dormi quelques minutes.


LE PRÉSIDENT.

La délibération est ouverte, messieurs.

(Un silence. Ils se rapprochent tous instinctivement de la table.)

LE MARCHAND, très haut, tout de suite.

La petite n’est pas coupable ; il faut l'acquitter.


LE PRÉSIDENT.

Pardon, pardon… vous allez un peu vite en besogne… Nous n’avons pas à l’acquitter ou à la condamner… La peine ne nous regarde pas. Nous avons à dire si une fille, la Maslowa, de complicité avec la vieille Euphémie Botschew, aujourd’hui décédée, a empoisonné un marchand, Smielkow, dans la maison publique dont cette fille faisait partie… Oui ? Non ? C’est tout… Comprenez- vous, mon ami ?


LE MARCHAND.

Je ne sais pas ce que j’ai à dire ou non… Je sais