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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/42

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beau et je t’aime… Est-ce que tu as été contente quand tante Sonia t’a dit de monter sur le siège au lieu d’aller à pied ?


KATUCHA.

Oui, Dimitri.


NEKLUDOFF.

C’est moi qui l’ai demandé… J’ai eu une bonne idée… Donne ta main. Tu ne m’as pas regardé pendant la messe. Pourquoi ?


KATUCHA.

Je n’osais pas.


NEKLUDOFF.

Si tu savais comme tu étais jolie pourtant, pendant que le diacre bénissait les pains, près de la porte, le vase d’encens dans les mains !… Tu avais l’air d’une petite sainte en cire… Je redevenais tout petit, vrai, Katucha, tout petit, au milieu de ces chants joyeux, des chasubles d’argent qui luisaient… les fichus de soie, et tout le monde qui répétait d’instant en instant : « Christ est ressuscité ! Christ est ressuscité ! »… Tout cela était beau, mais plus belle que tout cela était Katucha, avec sa robe blanche et son nœud rouge dans ses cheveux noirs !… Et quand le sacristain t’a repoussée en passant, j’ai été stupéfait de voir qu’il y avait des gens qui ne savaient pas que tout ce qui se faisait dans l’église et tout ce qui se passait dans le monde n’était que pour Katucha… que c’est pour elle que brûlaient toutes les bougies du candélabre et que tout ce qu’il y avait de bon