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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/41

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KATUCHA.

Moi, je ne vous ai jamais oublié, Dimitri Ivanowitch.


NEKLUDOFF.

Moi non plus. Mais quand je tai revue, là, ainsi… toute mon enfance m’est remontée d’un coup au cœur… Depuis tantôt mon sang bouillonne ; depuis tantôt je ne pensais qu’à te parler, quelque part… à te presser sur mon cœur… Je ne me lassais pas de te revoir, d’entendre ton rire, ta voix, ton bruit… de te sentir rougir… et tu as rougi deux ou trois fois si délicieusement, Katucha, ma petite chérie !… Tu vois que tu n’as pas à avoir peur… Assieds-toi, Katucha… je te jure que je me tiendrai sage.

(Il met les mains derrière le dos.)

KATUCHA.

Je n’ai pas peur.


NEKLUDOFF.

Assieds-toi.


KATUCHA.

Je ne sais si…


NEKLUDOFF.

Puisque je t'en supplie.


KATUCHA, s'asseyant, lentement, et en hochant la tête.

Est-ce bien, cela ?…


NEKLUDOFF.

Mais oui, bien-aimée… tout est bien, tout est