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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/39

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Scène XI


NEKLUDOFF, KATUCHA

(Katucha s’apprcche du lit et s'occupe à faire entrer l'oreiller dans la taie. Nekludoff s’approche d’elle par derrière et l’embrasse brutalement dans la nuque.)

KATUCHA, se retournant, blanche comme un linge.

Que faites-vous ?… À quoi pensez-vous ?… Est-ce possible ? (Elle se dégage et le fixe dans les yeux.) Ce n’est pas bien, Dimitri Ivanowitch… ce n’est pas bien… (Il la saisit vigoureusement par la taille.) Par grâce, laissez-moi.


NEKLUDOFF.

Écoute… tu es seule, n’est-ce pas, là-haut, dans ta chambre ?


KATUCHA.

Qu’avez- vous ?… Pourquoi ?… Non, non, ce n’est pas bien, ce n’est pas bien…

(Elle pleure.)

NEKLUDOFF, se reculant.

Ne pleure pas, Katucha… Je te demande pardon, j’ai eu tort… Je ne te veux pas de mal… Tu ne m’aimes donc plus, Katucha ?… Ne me regarde pas de ces yeux plaintifs… Dis, tu ne m’aimes plus ?… Moi qui n’ai eu que cette seule pensée : te revoir ! Si je me suis arrêté ici avant de partir, je te jure c’était pour revoir le pays où j’ai été si