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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/389

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heur complet. C’est le moment. Du temps a passé… deux ans. Réfléchis ! Ce serait si bien de ta part.


RYSBERGUE, (allant à son fils.)

Un mot… Mais réponds sincèrement, sans mentir… Tu le promets ?


RICHARD.

Oui.


RYSBERGUE.

Dans la conversation que tu as eue avec ta mère mon nom a-t-il été prononcé par elle ?


RICHARD.

Mais…


RYSBERGUE.

A-t-elle témoigné du désir que nous nous réconcilions tous deux ? Sois franc.


RICHARD.

Mais cela n’implique pas nécessairement…


RYSBERGUE.

Allons donc ! N’insiste pas, Richard… J’ai réfléchi, j’ai admis parfois cette hypothèse d’un retour qui se réalise aujourd’hui… eh bien, je suis toujours arrivé à cette même conclusion : vaut mieux pas… vaut mieux pas. (Il hoche lentement la tête.) Réconcilier ! quel affreux mot !… Quelle paix factice d’intérêts cela suppose !… Ce qu’on ne réconcilie pas, ce sont les cœurs que l’indifférence a séparés, et que plus rien ne rappelle l’un à l’autre. Non, je suis heureux pour nous, pour