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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/382

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RICHARD.

Je te défends de parler ainsi ! Elle souffre… tu dois avoir pitié. D’ailleurs nous ne pouvons lui interdire d’embrasser le petit, de temps en temps.


MADELEINE.

C’est bien pour cela que je m’insurge !… Nous ne pouvons pas, bien sûr ! nous sommes du même avis… Seulement, je sais ce qui va arriver, parce qu’on ne peut pas lui interdire d’embrasser Raoul ; à mesure, elle s’installera ici… elle prendra ses repas… voudra renouer ses relations, connaître les nôtres… car c’est cela surtout qui la fait mourir d’envie ! Elle est déclassée : elle voudrait reprendre un rang… Eh bien, non, qu’elle ne se fasse pas d’illusions. Elle est une femme à l’eau… elle ne peut plus regrimper sur la rive et il ne faut pas qu’elle en prenne prétexte pour nous entraîner avec elle.


RICHARD.

Si tu crois que c’est le mobile qui la fait agir !


MADELEINE.

Parfaitement. Je connais les femmes, mon cher !… Et notre maison sera tarée définitivement… « Je vous présente ma belle-mère, retour d’Alger. » C’est gai.


RICHARD.

Mais puisqu’elle offre de ne venir qu’en cachette… quand il n’y aura personne.


MADELEINE.

Tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez.