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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/379

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aujourd’hui, est indépendant de celui de mon père. Et je vais agir de mon mieux… (Tout à coup.) Mais entre nous, avoue tout de même — j’ai besoin de cette satisfaction — avoue, maman, qu’elle a du bon, la famille ?


IRÈNE, (les yeux baissés.)

Oui.


RICHARD, (triomphalement.)

Hein, les fils criminels, les ennemis ?… Tu y retournes tout de même !… Les luttes de l’amour et de la famille. Quelles balivernes ! Tu te rappelles ?


IRÈNE, (sans qu’on puisse lire une impression quelconque sur son visage.)

Tout… je me rappelle tout.


RICHARD, (comme s’il voulait la faire parler.)

Quels regrets tu as dû subir !…


IRÈNE, (les yeux impénétrablement baissés.)

Oui.


RICHARD, (s’animant en parlant.)

Je vois ta vie, là-bas !… Et le revirement quand les écailles te sont, peu à peu, tombées des yeux !


IRÈNE.

Oui, oui…


RICHARD, (insistant comme avec rage.)

Comme tu dois être punie, pauvre mère, par le remords !… Et cet être ! quelle nausée de lui