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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/378

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pourtant pas me mettre dans un asile !… Consultez-vous, arrangez-vous et trouvez-moi une fin, le petit coin où se consumer… Bonheur, beauté, jeunesse, tout s’en va… mais la vie reste… c’est long à en finir ! Trouvez-moi ma petite place… et puis vous m’oublierez !… Je me charge de m’éteindre, toute seule, proprement et… sans fumée…


RICHARD, (au comble de l’émotion courant à elle.)

Maman !


IRÈNE, (fondant en sanglots sur son épaule.)

Richard ! Richard !… Et puis ne crois pas que ce soit indifférent de sentir que ce sont tes bras qui me soutiennent… C’est le dernier berceau que l’on souhaite !…

(Ils restent un instant enlacés l’un à l’autre.)

RICHARD, (brusquement.)

Écoute, il faut régler cette situation tout de suite. Je vais appeler Madeleine.


IRÈNE, (avec effroi.)

Oh ! je t’en prie… Pas devant moi !…


RICHARD.

Non… Tu vas entrer cinq minutes dans mon cabinet de travail… J’aime mieux expliquer l’affaire à Madeleine, à l’écart de toute domesticité indiscrète… Va… Pour ma part, je ne puis t’assurer qu’une chose : c’est que, si longtemps j’ai gardé un ressentiment violent, je l’avoue, depuis, tout ressentiment est tombé… Mon rôle,